Filière Or : Le Cameroun entre dans la mine industrielle avec quatre projets aurifères programmés (Bibemi, Colomine, Mborguene et Mbe)

Filière Or : Le Cameroun entre dans la mine industrielle avec quatre projets aurifères programmés (Bibemi, Colomine, Mborguene et Mbe) et s’engage dans la restructuration du secteur artisanal avec l’imposition du seuil minimal et la transition totale dans le système a vase clos pour booster l’économie et réduire la contrebande.

Il est désormais dépassé, le visage sombre de l’exploitation artisanale de l’or ou l’on voyait des jeunes et des femmes plein pied dans des mares de boue, pelle ou houe à la main pour extraire le précieux minerai.
Le pays entre dans la mine industrielle avec quatre grands projets programmés. Notamment le projet d’exploitation de l’or Mborguéné avec le géant mondial Shandong Gold. Avec des resserves évaluées à 7 554 KG, ce projet industriel d’une valeur de 1 344 612 000 USD entend produire annuellement 755.4 KG par an soit 19 093 490.4 USD de revenus annuel pour l’Etat. Sur le terrain, les opérations d’échantillonnages sont achevées, la mine a ciel ouvert est en construction ainsi que l’unité de traitement. Dans cette dynamique d’industrialisation, le projet d’exploitation de l’or de Bibemi avec la société anglaise Oriole n’est pas en reste. Ici, les réserves estimées à 3 110 KG devront produire 553 580 000 USD par année. Il faut dire que la production annuelle de 311 KG va rapporter un peu plus de 7 860 836 USD par an à l’Etat du Cameroun.
Le projet d’exploitation de l’or de Colomine conduite par la société Codias S.A. 100% Camerounaise et dont la mise à jour des études de faisabilité est en cours est également une niche de richesse pour l’Etat. La réserve totale est estimée à 1 868 KG. L’or de Colomine dont la valeur totale est évaluée à 332 504 000 USD compte produire 373 KG chaque année pour un revenu total annuel de l’Etat 10 623 040 USD.
Enfin, le projet d’exploitation industrielle de l’or de Mbé dans le département du Mbere, région de l’Adamaoua vient hisser le Cameroun parmi les plus grands producteurs mondiaux. La première estimation des ressources minérales (ERM) a été publiée en octobre 2025 et s’élève à 24,8 Mt avec une teneur moyenne de 1,09 g/t Au, pour un total de 870 000 oz d’or contenu, dans la catégorie des ressources présumées JORC. Cette estimation est basée sur une teneur de coupure inférieure de 0,40 g/t Au et se situe dans une zone d’exploitation à ciel ouvert dont le prix de l’or est de 3 200 $ US/oz. L’ERM s’étend sur une longueur d’environ 900 m, une largeur d’environ 700 m et une profondeur d’environ 340 m. La minéralisation reste ouverte dans toutes les directions et en profondeur.
Par ailleurs, le secteur de l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or est en pleine restructuration avec la régularisation et mise en conformité de tous les exploitants sur les sites de production, et la détermination du seuil minimal de production comme condition préalable à la délivrance de toute autorisation d’exploitation artisanale semi-mécanisée. Cette mesure permettra de faire des projections fiables dans le secteur sur la production totale de l’or attendue, tandis que les autorisations d’exploitation artisanales semi-mécanisées non renouvelées se verront transformer en projets de petite mine industrielle développés par d’autres acteurs plus sérieux et performants.
Rappelons qu’il y a trois ans, le Cameroun à travers le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique a entamé la restructuration du secteur minier artisanal avec l’instauration du système d’exploitation à vase clos. La première unité de traitement du gravier minéralisé en vase clos au Cameroun a été inauguré à Kette dans la Kadey, région de l’Est le vendredi 05 avril 2024 par le Ministre par Intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, le Professeur FUH CALISTUS GENTRY. Quelques mois plus tard, l’entreprise CODIAS S.A. à qui l’Etat a attribué en septembre 2022 un permis d’exploitation construisait la première mine souterraine ainsi qu’un système de traitement de gravier minéralier en vase clos. Une première en Afrique centrale. À date, ce système a permis d’améliorer le rendement de la production à plus de 90%, d’augmenter les réserves nationales et assurer une meilleure transparence de la production réelle. En plus d’être rentable pour l’Etat et les opérateurs, il est également présenté comme plus respectueux de l’environnement et une « solution efficace » dans la lutte contre le travail des enfants dans les mines.